Les chiffres de l'OMS dressent un tableau de plus en plus inquiétant de la santé en Afrique : 282 millions de cas de paludisme et 610 000 décès par an. À ce fardeau persistant s'ajoute désormais un multiplicateur de risque sans précédent : le changement climatique. En perturbant les écosystèmes, il favorise la propagation des moustiques vecteurs dans de nouvelles régions, créant des foyers d'épidémie inattendus et redessinant la carte de la transmission des maladies.

Une étude menée par des chercheurs de l'Université d'Oxford, publiée fin 2025 dans Nature https://www.ox.ac.uk/news/2025-12-02-new-study-warns-creeping-catastrophe-climate-change-drives-global-rise-infectious a interrogé 3 752 experts de la santé dans 151 pays. Leur verdict est clair : la prochaine grande urgence sanitaire ne sera probablement pas un nouveau virus dévastateur, mais l'aggravation silencieuse de maladies que nous connaissons déjà. Ils qualifient ce phénomène de "catastrophe rampante", alimentée par trois facteurs synergiques : le changement climatique (premier facteur cité), les inégalités socio-économiques et la résistance aux antimicrobiens.
Cette mise en garde est confirmée et quantifiée avec une précision sans précédent par une étude publiée dans The Lancet Planetary Health.https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(25)01919-1/abstract, En croisant plusieurs modèles climatiques et démographiques, les chercheurs ont projeté l'évolution du paludisme et de la dengue, les deux principales menaces vectorielles mondiales.
L'étude du Lancet révèle des tendances localisées significatives :
Le paludisme gagnant en altitude sur les hauts plateaux tropicaux (Afrique, Méditerranée orientale, Amériques), la saison de transmission pourrait s'allonger de 1,6 mois supplémentaires. Les zones auparavant protégées par l'altitude deviennent vulnérables.
L'étude publiée dans The Lancet révèle des tendances localisées significatives :
Alors que le paludisme gagne en altitude sur les hauts plateaux tropicaux (Afrique, Méditerranée orientale, Amériques), la saison de transmission pourrait s'allonger de 1,6 mois supplémentaires. Les zones auparavant protégées par l'altitude deviennent vulnérables.
Les experts africains interrogés considèrent que le paludisme et la dengue sont les menaces qui se développent le plus rapidement sur le continent. Ces maladies sont directement alimentées par :
L'expansion géographique des moustiques due à la hausse des températures (les zones de haute altitude, auparavant épargnées, deviennent vulnérables). L'augmentation des gîtes larvaires liée à la modification du régime des pluies (inondations, eaux stagnantes). Pour répondre à ces menaces croissantes, nous avons besoin d'une action climatique mondiale urgente, combinée à des investissements dans de nouveaux outils tels que les moustiques génétiquement modifiés pour compléter les approches de lutte contre les maladies transmises par les moustiques. Le défi central aujourd'hui est stratégique :: it is imperative to direct investment towards the sustainable strengthening of African innovation capacities.
Ce renforcement n'est pas simplement une option, c'est une nécessité urgente. De plus en plus d'acteurs réclament des solutions conçues localement, car seule une innovation ancrée dans les réalités écologiques, sociales et économiques du continent peut être pertinente et durable.
Renforcer les institutions de recherche, les laboratoires et les équipes scientifiques africaines, c'est construire une autonomie durable face aux crises sanitaires.

