Du 3 au 5 mars, j’ai eu le privilège de participer au 21e atelier annuel du Groupe de travail sur la lutte antivectorielle (VCWG) du Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme. Organisé à Nairobi, au Kenya, cet événement majeur a réuni plus de 300 membres de la communauté de la lutte antivectorielle, notamment des chercheurs, des experts en santé publique et des partenaires techniques.

En tant que doctorant malien, mes recherches portent sur la biologie moléculaire et le génie génétique des moustiques. Ces deux domaines en pleine évolution ouvrent aujourd’hui des perspectives sans précédent pour la lutte contre les vecteurs du paludisme. Participer à un tel atelier a été pour moi une occasion exceptionnelle de sortir de mon laboratoire et de me confronter aux réalités du terrain, aux politiques publiques et aux dernières innovations en matière de lutte contre le paludisme.
L’un des principaux atouts de cet atelier était la diversité des thèmes abordés. J’ai eu la chance d’assister à des présentations de haut niveau sur des sujets qui sont actuellement au cœur du débat scientifique mondial :
- Innovative Les technologies génétiques innovantes, en particulier les approches basées sur le gène-moteur, les moustiques génétiquement modifiés ou la lâcher de moustiques stériles. Ces outils représentent une voie prometteuse pour réduire durablement les populations de vecteurs dans les régions où le paludisme est endémique.
- La gestion de la résistance aux insecticides, un défi majeur en Afrique subsaharienne, où les moustiques développent des mécanismes de résistance de plus en plus sophistiqués. Les discussions ont mis en évidence la nécessité de combiner surveillance épidémiologique, rotation des produits et approches non chimiques.

Au-delà des séances plénières et des présentations techniques, ce sont les échanges personnels qui ont véritablement marqué mon expérience. J’ai eu le privilège de m’entretenir avec des scientifiques de renommée internationale dont les travaux ont façonné ma propre compréhension de la lutte antivectorielle. Ces discussions informelles autour d’un café entre les sessions m’ont permis de mieux saisir les défis de la recherche translationnelle, c’est-à-dire la transition entre la découverte en laboratoire et l’application sur le terrain.
J’ai également participé à des groupes de travail où nous avons exploré de nouvelles approches de la lutte contre les moustiques. Ces moments de partage d’informations et de travail collectif ont été particulièrement stimulants : ils m’ont montré que la science progresse véritablement lorsque des chercheurs de différents pays, des décideurs politiques et les communautés locales travaillent main dans la main.
L’un des thèmes qui m’a le plus tenu à cœur lors de cet atelier était le renforcement des capacités de recherche sur le continent africain. Trop souvent, les innovations sont développées ailleurs puis adaptées à nos contextes locaux. Pourtant, au cours de cet événement, j’ai senti un désir croissant de remodeler cette dynamique. Des discussions ont émergé autour de collaborations transnationales visant à former davantage de jeunes chercheurs africains, à équiper les laboratoires et à favoriser le leadership scientifique local.

